[Introduction]

Définitions

Voici quelques définitions utilisées dans le présent ouvrage ou dans le DGFQ. Les régions sont définies en fonction du contenu de chaque tome et de la documentation disponible.

Acadie: territoire comprenant les provinces canadiennes du Nouveau-Brunswick, de Nouvelle-Écosse, de l'Île du Prince-Édouard et de Terre-Neuve, ainsi que les établissements français du Maine. À l'origine, l'Acadie a parfois été décrite comme partie du Canada, et Terre-Neuve n'en faisait pas partie (on parlait de l'établissement de Plaisance, auj. Placentia); l'est de la Gaspésie était aussi une partie de l'Acadie ancienne.

Ancien style (date): date selon le calendrier julien. Voir Calendriers à la fin de cette section.

Canada: le territoire appelé Canada ayant changé à de multiples occasions au cours de l'histoire, ce terme n'est pas utilisé dans le présent ouvrage. Au 16e siècle, il s'agissait de la région entourant la ville de Québec; au 17e siècle, de la vallée du St-Laurent et de l'Acadie; au 18e siècle, de la vallée du St-Laurent et de la région des Grands-Lacs (jusqu'en 1763, alors que cette région prend le nom de province de Québec jusqu'en 1791). En 1791, il s'agit du sud du Québec et de l'Ontario, puis à partir de 1867, des quatre provinces canadiennes, devenues dix (et bientôt onze avec l'ajout du Nunavit).

Documenté: basé sur un document fiable, en général un original officiel et authentique datant de l'époque de l'événement rapporté. Plusieurs informations sont considérées comme des spéculations parce que la source ne mentionne pas de document original permettant de valider l'information.

Erreur: une information qui est fausse, volontairement ou non, de façon démontrable. En publiant les erreurs présentées comme telles, on s'attend à limiter la propagation d'erreurs.

France: ensemble de la France actuelle, ainsi que des territoires européens francophones. On vise généralement la France parce que 94% des immigrants de vieille souche en viennent, mais lorsque des informations utiles sur d'autres migrants sont disponibles, elles sont aussi incluses.

Gaumine (dans Mariage à la gaumine): mariage en présence de témoins et du curé, mais sans que ce dernier soit au courant, en application à la lettre de la loi de l'époque. En d'autres mots, aucun registre n'existe et il n'y a pas d'endroit appelé « Gaumine ».

Nouveau style (date): date selon le calendrier grégorien. Voir Calendriers à la fin de cette section.

Origine confirmée: si un acte concernant le migrant ou ses parents a été trouvé dans le lieu d'origine.

Peut-être: il n'y a pas assez d'information pour confirmer une information. Exemple: un acte de naissance d'un homonyme dans la même commune et la bonne année, mais avec un nom de mère différent ou encore si le nom des parents est omis lors du mariage.

Prob. ou probablement: sûr à environ 80 ou 90% (ou encore, on se trompe une fois sur cinq ou sur dix), c'est-à-dire qu'il manque un indice pour confirmer l'information. Exemples: deux propriétaires consécutifs d'une même terre, couples presque homonymes.

Québec: territoire actuel du Québec (depuis 1927). Les actes concernant des personnes établies au Québec font l'objet des tomes 1 et 2. Pour celles établies au Canada à l'est du Québec, il s'agit du tome 3, alors que pour celles établies à l'ouest (et au sud), il s'agit du tome 4. Ce découpage est fait en fonction des sources d'information disponibles; en particulier, il n'existe pas de liste d'immigrants français établis à l'ouest du Québec et nous croyons qu'en faisant une telle distinction, nous inciterons des généalogistes à établir une telle liste.

Réhabilitation: quand un mariage est déclaré invalide, nouvelle célébration du mariage. Par exemple, si on découvre que les conjoints sont cousins (4e degré ou moins), une dispense est nécessaire; quand elle est obtenue, le mariage est de nouveau célébré. Il y a alors deux actes de mariages à des dates différentes.

Spéculation: hypothèse permettant d'orienter de futures recherches. Il s'agit en général d'une coïncidence, parfois troublante, mais la preuve n'est pas suffisante. Par exemple, deux personnes ont les mêmes prénom et nom de famille et viennent de la même région; c'est d'ailleurs une erreur commune que de trouver une famille noble venant de la même région et d'y rattacher un ancêtre, alors qu'en fait, le patronyme est probablement commun dans la région et qu'une dizaine d'individus peuvent partager les mêmes prénom et patronyme. Dans d'autres cas, on saute une génération ou on assemble une famille au hasard. En publiant les spéculations présentées comme telles, on s'attend à favoriser de nouvelles recherches tout en limitant la propagation d'erreurs si l'hypothèse n'est pas confirmée.

Variation des noms de famille: dans certaines régions de France, une ancienne coutume consistait à utiliser plusieurs surnoms pour distinguer des familles différentes avec le même patronyme ou des branches de la même famille. On indiquera alors un patronyme sous la forme JARRET dit BEAUREGARD. En général, le premier item est le patronyme original et le second est un surnom. Dans les documents, on trouvera, pour cet exemple, JARRET, BEAUREGARD, JARRET dit BEAUREGARD ou BEAUREGARD dit JARRET. En général, le DGFQ et le DGO ne reprennent pas les surnoms des femmes et les patronymes sont normalisés.

Abréviations de cet ouvrage:

auj. Aujourd'hui
b baptisé
ct contrat de mariage
d décédé
m marié
n né
s sépulture
v. ville

Les abréviations utilisées en France sont différentes:

Cm (contrat de mariage)
+ décédé
x marié
° né


Calendriers:

Dans le cadre de la série complète de cet ouvrage, trois calendriers nous intéressent: julien, grégorien et républicain.

Le calendrier julien (ou ancien style) tire son nom de Jules César et a été vigueur jusqu'à une date entre 1582 et 1923 selon l'endroit. Il commençait à différentes dates selon la région (Pâques, 1er janvier, 1er mars, 25 mars, etc.) et beaucoup de sources ont normalisé les dates pour indiquer un début d'année le 1er janvier; d'autres indiquent les dates en début d'année avec deux années: 15-01-1701/2 pour le 15 janvier 1701 (année normalisée) qui est aussi le 15 janvier 1702 (sur les calendriers de l'époque).

Le calendrier grégorien (ou nouveau style) tire son nom du pape Grégoire XIII et est en vigueur depuis 1582 selon l'endroit. L'année débute toujours le 1er janvier. Outre le décalage d'au moins 10 jours, le calendrier grégorien se distingue du julien par l'absence d'années bissextiles en 1700, 1800, 1900, 2100, etc. 1600 et 2000 sont bissextiles.

Le calendrier républicain a été utilisé en France entre le 24 octobre 1793 et le 1er janvier 1806. La date grégorienne sera toujours donnée dans cet ouvrage si un document porte une date républicaine.

Le passage de l'ancien au nouveau style varie selon la région. Voici quelques dates de changement:

France et ses colonies (dont la Nouvelle-France, l'Acadie française, les forts français de l'ouest, la Louisiane et certaines Antilles au moment où ces endroits sont des territoires français): 4 octobre 1582 (qui fut suivi du 15 octobre 1582) (en décembre 1582 selon une autre source). Ceci n'inclut pas les parties de la France moderne qui n'étaient pas française et dont la date de passage au calendrier grégorien peut être différente, comme l'Alsace (1648) (mais la Lorraine en 1582).

Grande-Bretagne et ses colonies (dont les futurs États-Unis d'Amérique et l'Irlande): 1752. On peut présumer que la Nouvelle-Écosse (nom de l'Acadie anglaise à partir de 1713) a utilisé le calendrier julien. On peut aussi présumer qu'un captif de Nouvelle-Angleterre donnera sa date de naissance selon le calendrier julien. À partir de 1600, l'année débute le 1er janvier en Écosse (mais reste le 25 mars en Angleterre), mais le calendrier julien reste alors en vigueur.

Belgique (selon la région): Brabant (1582), Liège, Hainaut (1583).

Suisse (selon le canton ou la ville): Lucerne, Uri, Schwyz, Zoug, Fribourg, Soleure (1584); Valais (1622); Sion, Siders, Leuk, Raron, Visp, Brig, Goms (1656); Zürich, Berne, Bâle, Schaffhouse, Genève, Muhlhausen, Biel (1701); Prättigau (1812).

Rome, Italie, Espagne, Portugal, Pologne: 1582

Allemagne, Pays-Bas (selon la région): entre 1582 et 1701.

Grèce en 1923.