7. Les forums de discussion


Un forum est une zone de discussions et d'échange de messages informels.  En d'autres mots, on écrit un message, avec un titre et un contenu, et d'autres personnes y répondent, parfois en citant la question.  La réponse peut suivre après quelques minutes ou des années.

7.1. Les forums Usenet

Avant la venue des pages Web en 1994, les forums Usenet et les listes de discussion ont été le principal moyen pour diffuser de l'information d'une personne vers plusieurs.

Voir quelques explications générales sur www.usenet-fr.net/.

7.1.1. Accès aux forums

Ce médium a plusieurs noms: forums Usenet ou Usenet tout court, forums de discussion, groupes de discussion, groupes de nouvelles.  En anglais, on dit surtout newsgroups.  Usenet utilise un protocole appelé NNTP (News to News Transfer Protocol).  Les forums ne sont pas concentrés sur un serveur mais répartis sur des millions de serveurs, le plus souvent chez les FAI et reprenant les messages des autres serveurs.  Ces messages sont souvent conservés deux semaines seulement, mais cela peut aller de 2 jours à plusieurs années.

Pour lire les forums, il y a 2 solutions.  La première consiste à utiliser le serveur NNTP de votre FAI et un logiciel approprié pour lire les forums.  On peut par exemple utiliser Thunderbird chez Mozilla, Free Agent chez Forteinc et d'autres produits, selon l'ordinateur utilisé.  Cette méthode vous permet de lire les forums particuliers à votre fournisseur.

Le nom du serveur NNTP se trouve sur le site de votre FAI sous différents noms: serveur de news, serveur de forums, serveur Usenet, etc.  Par exemple, chez Sympatico, le serveur est habituellement news1.qc.sympatico.ca, mais comme il tombe en panne de temps en temps, on peut alors le renommer en news2.qc.sympatico.ca ou news20.qc.sympatico.ca.  Chez Videotron, AEI, Vif, Enter-Net, etc., on trouve d'autres noms de serveur.  Il est aussi possible d'utiliser un certain nombre de serveurs gratuits, la plupart n'ayant qu'un petit groupe de forums parmi les 100000 possibles.

La seconde méthode passe par un certain nombre de serveurs Web.  Le plus connu est sans doute celui de Google qui a acheté l'ancien dejanews et ses archives.  Depuis la page d'accueil de Google, il suffit de cliquer sur Groupes.  D'autres serveurs sont disponibles, comme news.voila.fr/news/fr.rec.genealogie ou foorum.fr (temporairement fermé).

7.1.2. Les forums francophones

7.1.3. Les forums anglophones

On trouve autour de 100 000 forums Usenet en tout.

Avant 1984, le forum de généalogie s'appelait net.roots.  En 1984, l'ensemble des forums a été renommé pour former 7 catégories (qu'on appelait le Big 7 à l'époque, puis le Big 8 quand une 8e catégorie a été ajoutée.  Le forum a alors pris le nom de soc.roots.

En 1994, la discussion revenant régulièrement avec l'augmentation du nombre de participants, un petit groupe d'internautes ont ré-organisé ce forum pour produire un ensemble de forums dans soc.genealogy.  Le groupe initial de 7 a dépassé la vingtaine suite à des ajouts progressifs.  En voici la liste:, le nom étant le plus souvent auto-explicite.  Vers 1993 ou 1994, un généalogiste a aussi formé alt.genealogy parce qu'il ne trouvait pas soc.roots et d'autres forums alt ou régionaux ont aussi été créés par la suite.

Il est à remarquer que la création d'un forum dans soc ou fr doit suivre une procédure avec appel à discussion, présentation d'une charte et vote, alors que pour les alt, il suffit de savoir comment s'y prendre, tout comme avec free.  Ailleurs, c'est souvent une question de contacts et de concensus.

7.2. Les listes de discussion

Alors que les forums Usenet sont répartis sur un grand nombre de serveurs et demandent un logiciel spécialisé, les listes de discussion sont localisées sur un serveur unique et fonctionnent avec le courriel.

Alors que l'Internet se développait, une partie du réseau ne recevait pas tout de suite les forums.  C'est ainsi que la première liste de généalogie fut créée.  roots-l a d'abord existé comme liste autonome, puis quand le serveur utilisé (nodak.edu, Université du Dakota Nord) fut branché aux forums, roots-l fut relié par une passerelle à soc.roots et la plupart des messages de l'un se retrouvèrent dans l'autre.  En 1994, lorsque les discussions sur la division du forum devinrent un peu trop violente, le gestionnaire (qu'on appelle le propriétaire de la liste) coupa tout bonnement la passerelle et depuis, la liste continue à fonctionner toute seule.  On peut d'ailleurs consulter les archives de la liste roots-l sur le serveur de Rootsweb à partir de 1988.

Avec la création des nouveaux forums en 1994, il a été décidé d'ajouter de nouvelles plate-formes pour couvrir presque tous les forums (certains forums avaient déjà une liste équivalente).  La première de ces listes, gen-ff-l, était rattachée au forum francophone fr.rec.genealogie parce que j'en étais le fondateur et que j'étais aussi dans le comité ayant restructuré ces forums.  Les autres listes ont été créées environ un mois plus tard, à cause d'un délai volontaire entre la fin du vote et l'activation des forums votés.  Ces listes étaient hébergées sur le serveur gatech.edu en Georgie américaine, puis chez eWorld, filiale de Apple dont le vice-président était aussi généalogiste, et finalement chez rootsweb qui maintient encore les passerelles.  Les messages sur la liste gen-ff-l sont rarement parce que la passerelle est alimentée depuis les États-Unis où les messages des forums francophones sont incomplets.  Les listes anglophones sont mieux alimentées.

Les listes de discussion sont créées à partir de certains logiciels spécialisés.  Comme il suffit d'installer un tel logiciel et qu'aucun vote n'est nécessaire, des milliers de serveurs offrent des listes de discussion.  Parfois, un serveur achète un autre serveur et fusionne les listes.  Il en résulte que les listes peuvent changer d'adresse, mais habituellement, les archives suivent.  Par contre, comme à peu près personne ne veut payer pour les listes, celles-ci fonctionnent souvent de façon automatisée, avec un volume d'archives assez faible.  Dans certains cas, les serveurs utilisés sont universitaires, mais certains gros serveurs ont pris une part importante du marché.

La plupart des listes de généalogie sont disponibles sur deux serveurs: rootsweb.com (serveur américain spécialisé en généalogie et offrant plus de 28 000 listes, donc beaucoup par région ou nom de famille; et sur Yahoogroups, une filiale de Yahoo.  Dans le premier cas, un simple message suffit pour s'abonner alors que dans le deuxième cas, il y a une procédure un peu complexe, parfois déroutante, avec un système pour empêcher un robot de créer automatiquement des centaines de listes (pour y envoyer de la publicité par exemple) ou de comptes.  Notez que ce sont les plus populaires mais il y en a beaucoup d'autres, et parfois un serveur a une seule liste dédiée à la généalogie.

Souvent, les listes offrent plusieurs modes de fonctionnement. 
Il existe des listes de listes, qui font la liste des listes de généalogie.  En voici quelques-unes.  Pour les listes en France, cela a pris du temps, mais les Français ont fini par comprendre que la francophonie ne se limitait pas à la France et ces listes couvrent maintenant les listes francophones sur le Québec.  Prenez soin d'éviter les listes AFG qui sont hyper-censurées (si une réponse contient le nom d'un site en compétition, le message est bloqué).

7.3. La modération ou la censure

Une liste est dite modérée quand les messages qui y sont envoyés doivent être approuvés auparavant.  La modération est donc une forme de censure.

En ce moment, il y a très peu de forums Usenet modérés.  Il semble que cela se limite à soc.genealogy.jewish (au moment de sa formation, pour des raisons commerciales), à soc.genealogy.african (après une série de messages racistes) et au groupe des soc.genealogy.surnames (modération par robot, pour avoir un format précis dans les titres, mais le robot est en panne depuis des années).  Par contre, il y a des forums modérés couvrant d'autres sujets.

Par contre, pour les listes et les webforums, il en va autrement.  La plupart des listes fonctionnent couramment en mode libre, sans modération.  Par contre, si une bagarre verbale déferle, la liste pourra passer en mode modéré le temps que la tempête se calme.  Dans certains cas, on pourra même bannir les gens (mais quand cela arrive, on peut souvent utiliser une autre adresse).

Le comble de la censure a été atteint par les listes de l'AFG où une réponse était bloquée si le site mentionné ne portait pas leur logo.  L'AFG vient heureusement de fermer ses portes (il leur manquait 500 adhérents pour se payer des avocats pour poursuivre ceux qui mettaient en doute la bonne parole du propriétaire de cette fausse association).  Mais c'est un cas isolé.  Par contre, on voit parfois des associations qui n'aiment pas la compétition (autre association sur le même territoire ou individu utilisant leurs répertoires pour répondre).  Quelques individus sont aussi plus ou moins paranoïaques ou contrôleurs.  Il y a donc de temps en temps des listes modérées en permanence et aussi des listes dont on ne peut pas consulter les archives avant de s'abonner.

Ceci nous mène à un autre concept, celui du propriétaire d'une liste.  Sur certains serveurs, on a développé un vocabulaire spécialisé.  Il y a d'abord le fondateur de la liste, qui est le principal propriétaire, puis ses assistants, qui peuvent par exemple accepter les messages s'il y a modération.  Le propriétaire est simplement le principal gestionnaire.  En général, il ne possède pas la liste (elle appartient aux propriétaires du serveur) et peut être remplacé.

7.4. Les webforums

Un webforum est un forum accessible sous forme de page web.  Habituellement, il faut être connecté à Internet pour naviguer dans un tel forum et si on veut faire une copie d'un message, il faut enregistrer la page visitée (alors qu'avec les forums Usenet et les listes, les messages vous sont envoyés).

Les avantages et inconvénients sont similaires à ceux d'une liste.  Un webforum est facile à créer et à trouver si on a une liste de référence.  Par contre, tout est situé sur le même serveur et quand celui-ci est en panne, personne ne peut consulter les messages ni en envoyer.

On peut diviser les webforums en 3 catégories: avec enfilades, sans enfilades et les blogs.
Les webforums peuvent prendre différents noms en anglais, comme message board

Il existe des logiciels de webforum que l'on peut utiliser soi-même pour créer ses propres forums.  C'est plus facile que de créer une liste de discussion.  Certains sites commerciaux (geneanet et genealogie.com par exemple) ou même personnels contiennent des webforums.  Ainsi, il y a toute une série de forums par patronyme sur des serveurs comme: boards.ancestry.com, genforum.genealogy.com, genealogyregister.com, etc.  Vous pouvez voir si votre patronyme est couvert par un ou plusieurs de ces webforums via www.linkpendium.com/genealogy/USA/sur/.

7.5. La netiquette

La netiquette, c'est l'étiquette appliquée à Internet.  En d'autres mots, c'est le code de conduite que les internautes doivent adopter quand ils communiquent via Internet.  Mais, il ne s'agit pas d'une loi ou d'une obligation, même si certains considèrent leur vision de la netiquette comme obligatoire dans l'environnement sous leur gouverne.  Voici un aperçu des principales règles qui s'appliquent aux forums Usenet, aux listes et aux webforums.

7.6. Le spam et les virus

Ce sont deux plaies qui réduisent trop souvent le plaisir de l'Internet.  Le spam est l'envoi de publicité sauvage alors que les virus peuvent attaquer votre ordinateur et parfois détruire vos données.

7.6.1. Le spam ou pourriel

Le spam (ou pourriel) tire son nom d'un film de Monty Python alors que deux individus conversaient et qu'un troisième répétait le mot spam pour les ennuyer.  Il a fait son apparition vers 1993 alors qu'une firme d'avocats a décidé de faire de la publicité en inondant les forums de discussion d'annonces pour la loterie des cartes vertes (visas facilitant l'immigration américaine).  Après une journée, ils avaient reçu un grand nombre de demandes d'information mais dès le lendemain, le réseau contre-attaquait pour immédiatement tenter de les réduire au silence.  Cette première vague commerciale de publicité sauvage suivait une bonne blague d'un chercheur américain qui avait fait un générateur de messages et qui expédiait un peu partout des envois au sujet du génocide arménien (ou turc) et signés Mutlu.  Depuis, le spam a envahi et pollué à l'excès Internet.

Le spam fonctionne ainsi. 
Presque toute cette publicité est frauduleuse.  Par exemple, les produits ne sont pas livrés.  Votre numéro de carte de crédit sera utilisé pour acheter des accès Internet afin d'envoyer encore plus de publicités.  Parfois, on vous fera croire que c'est votre fournisseur Internet qui écrit, ou bien votre banque, et on vous demandera d'aller mettre à jour votre mot de passe.

L'ennui avec le spam, c'est qu'il fonctionne.  Si sur un million d'adresses polluées, 10 achètent, le pollueur a sans doute fait un profit suffisant pour que cela vaille la peine de continuer.  Le mot d'ordre est donc: N'ACHETEZ JAMAIS SI VOUS N'AVEZ PAS INITIÉ LE PROCESSUS D'ACHAT.

Il est permis de se plaindre de ces spams, mais il faut faire attention car on essaie souvent de maquiller leur origine.  Ainsi, l'adresse du message est presque toujours fausse.  Il faut regarder dans l'en-tête du message et y rechercher les informations réelles.  Il faut aussi se rappeler que certains fournisseurs Internet sont eux-mêmes des pollueurs.  Vidéotron par exemple envoie de tels messages, ce qui explique pourquoi Vidéotron ne réagit que sous la menace (et ne va fermer le compte d'un spammeur que si vous menacez de leur envoyer les messages du pollueur en 1000 copies).

Le spam prend parfois d'autres formes que les pourriels.  Ainsi, il est parfois difficile de faire une recherche dans certains moteurs de recherche car beaucoup de sites non pertinents apparaissent.  En cliquant sur ces sites, on voit qu'il s'agit en réalité de robots qui exploitent un filon de mots-clés, puis qui font des recherches et recopient les pages en question quand il ne s'agit pas d'annuaires publics de sites.

7.6.2. Les virus

Il s'agit de logiciels et non de virus vivants.  Un virus est caractérisé par sa propagation.  En d'autres mots, si vous recevez un message contenant un virus et que vous le laissez s'activer, il s'installe dans votre ordinateur et s'envoie vers d'autres victimes.  Autrefois, ces virus prenaient même l'identité de la victime (qui était facile à identifier), mais depuis, on utilise des adresses de retour fictives afin de cacher l'ordinateur d'où émane le virus en question.

Les attaques de virus prennent des formes différentes selon l'évolution d'Internet.  Au tout début, avant que le réseau ne soit populaire, les virus étaient placés dans des disquettes et se propageaient lors d'un copiage illégal.  Avec Internet, certains se sont spécialisés dans les fichiers attachés, ce qui était facilité par les nombreuses brèches que Microsoft a ajoutées à ses logiciels. 

Ainsi, Word ou Excel ont un mécanisme pour exécuter les macros d'un document.  Ces macros devaient à l'origine être par exemple un formulaire préparant un document (comme la date initiale pour la création d'un calendrier), mais certains programmeurs imaginatifs ont voulu démontrer que l'on pouvait détourner cet usage pour obtenir des virus et d'autres ont suivi en rendant ces virus dangereux.  Internet Explorer contient des ActiveX qui ont le même effet.  La meilleure façon de se défendre est donc d'utiliser des produits compétitifs, mais il faut aussi apprendre à utiliser la messagerie de façon sécuritaire. 

Quant aux anti-virus, ils sont très peu inefficaces dans certaines conditions.  Par exemple, un virus est lancé le lundi; les concepteurs d'anti-virus reçoivent une copie le mardi; ils l'analysent et extraient sa signature le mercredi, et ils diffusent une nouvelle version de leur liste de signature le jeudi.  Le virus a donc pu se diffuser sans souci pendant 3 jours.  On voit qu'il est préférable de comprendre comment les virus se diffusent et pourquoi certains comportements sont dangereux au lieu de se fier aveuglément à un anti-virus.

7.6.3. Maquiller et démaquiller les adresses

Les virus se propagent souvent en utilisant une adresse située dans le carnet d'adresses de la victime.  Il est donc difficile de les bloquer à cette endroit.  Il faut plutôt se concentrer sur les autres vecteurs comme les adresses disponibles dans les pages web et dans les forums et listes de discussion. 

Certains vont alors maquiller leur adresse.  Une adresse typique a cette apparence: nom@domaine.tld.  Ce qui est à gauche du @ est spécifique à l'expéditeur alors que ce qui est à gauche est en général le fournisseur Internet.  Si on maquille à gauche, le fournisseur Internet recevra le message et le rejettera ou le détruira selon sa configuration.  Si on maquille à droite, le message ne quittera même pas votre fournisseur Internet (et parfois, votre propre ordinateur). 

La meilleure solution est de maquiller la partie à droite.  Tout d'abord, la plupart des noms de domaine sont connus et familiers.  On pourra alors faire la correction plus facilement.  Par exemple: jean-baptiste@sympaticoco.ca qui devrait se transformer en jean-baptiste@sympatico.ca si vous voulez que le message arrive à destination.  Le problème ici est que vous ne verrez peut-être pas assez vite le maquillage.  Aussi, on préférera un élément plus visible, comme jean-baptiste@sympatico-OTER-CECI.ca ou même jean-baptiste-at-sympatico.ca.  Si la partie à droite est inutilisable, l'expéditeur sera toujours informé de l'erreur.  Par contre, si c'est la partie à gauche, ce n'est pas évident qu'il le sera car plusieurs fournisseurs ont cessé d'envoyer un message d'erreur quand l'adresse courriel était inconnue.  C'est le cas de Sympatico.

Le démaquillage est une question d'attention.  Parfois, il faut regarder autour de l'adresse pour voir s'il y a une énigme à résoudre.  Ainsi, quelqu'un ajoutait le mot plume à son adresse et précisait dans la signature de ses messages "pas besoin de plume pour m'écrire".  En d'autres mots, l'adresse était valide si on enlevait le mot "plume".

Certains sont contre l'utilisation du maquillage et essaient de tromper les robots avec de meilleurs filtres anti-polluriels ou en empêchant les robots de récolter les adresses sur les sites.  Dans un cas extrême, on ne voit même pas l'adresse du correspondant et il faut utiliser une boîte de dialogue dans une page web, ou encore il faut saisir un mot de passe affiché sous forme d'image.