
Le cousin d’Amérique
Le Canada à l’est du Québec
Le fait français existe de longue date en dehors du Québec.
Ainsi, la première tentative de colonisation de l’Acadie par des
Français date de 1598 avec le Marquis de la Roche à l’Île
de Sable (près de la Nouvelle-Écosse) avec des prisonniers
qu’il ravitaillait chaque année. Nous vous renvoyons au paragraphe
sur l’Acadie pour une discussion sur cette ancienne colonie et nous concentrons
sur le Canada moins le Québec et l’Acadie ancienne. Notez que Statistique
Canada n’indique pas le nombre d’habitants d’origine multiple, «
français et autres », ce qui ne permet de donner que des statistiques
sur ceux qui n’ont qu’une origine seulement française.
À l’est du Québec, les migrants ont été
surtout les Acadiens revenus chez eux après l’exil forcé
de 1755-1758. On retrouve aussi la colonie protestante de Lunenburg, en
Nouvelle Écosse, qui a débuté vers 1748. Les ressources
pour retrouver des migrants français sont limitées à
ce qui existe pour tout le monde. Donc, peu de ressources pour une recherche
rapide dans cette direction.
Rappelons qu’à l’est du Québec nous trouvons:
-
la Nouvelle-Écosse, occupée par les Britanniques à
plusieurs occasions et de façon définitive après la
conquête militaire de Port-Royal en 1710, occupation confirmée
par le traité d’Utrech en 1713. Les Acadiens (ou Français
neutres) ont été tolérés jusqu’en 1755. Un
groupe de protestants francophones est arrivé à partir de
1748 (venus surtout de Montbéliard et un peu de Suisse). Disponible
à Montréal: l’état civil sur microfilms (1849-1918),
un relevé de l’état civil publié dans les journaux
(1813-1854) et quelques recensements rarement indexés. À
noter que l’Île du Cap Breton, ancienne île Royale, a été
occupée par les Français de 1713 à 1758, sauf durant
une courte période. 4% des habitants de cette province sont d’origine
française seulement et 2,4% parlent le français à
la maison.
-
le Nouveau-Brunswick, occupé par les Britanniques à
partir de 1755 (on a littéralement vidé les régions
voisines de la Nouvelle-Écosse à partir de 1755). Comme en
Nouvelle-Écosse, les Acadiens ont été expulsés
à ce moment ou ont fui. Ceux qui sont revenus se sont surtout établis
dans le nord de la province, région dont les villes sont en général
anglophones et les villages francophones. Notons des concentrations dans
la péninsule acadienne, autour de Caraquet, et dans le nord de la
Rivière St-Jean, autour d’Edmundston. Disponible à Montréal:
les registres de plusieurs paroisses catholiques (avec index imprimé
pour un grand nombre) et les mariages de la vallée du Madawaska
et d’un nombre grandissant de paroisses catholiques. 16,3% des habitants
de cette province sont d’origine française seulement (mais je pense
qu’on doit avoir 40% des gens d’origine partiellement ou entièrement
française) et 30,9% parlent le français à la maison.
-
l’Île du Prince Edouard (ancienne l’Île St-Jean), occupée
par les Britanniques à partir d’environ 1758. Beaucoup d’Acadiens
s’y sont réfugiés temporairement au moment de l’exil, mais
ils n’ont pu y rester. Disponible à Montréal: un relevé
des cimetières de l’île. 6,1% des habitants de cette province
sont d’origine française seulement et 2,4% parlent le français
à la maison.
-
Terre-Neuve a fait l’objet d’une colonisation séparée.
La colonie de Plaisance (aujourd’hui Placentia) a disparu en 1713 lors
du traité d’Utrech. Les anciens habitants se sont alors retrouvés
surtout à Louisbourg et au Québec et sans doute en France.
Pour des raisons pratiques, on classe souvent Plaisance comme partie de
l’Acadie. Voir les ressources acadiennes. Disponible à Montréal:
quelques recensements de Plaisance et de Terre-Neuve, ainsi que la population
de Plaisance (Hist. et gén. des Acadiens). 1,3% des habitants de
cette province sont d’origine française seulement et 0,21% parlent
le français à la maison.
Autres ressources sur le Canada: voir le CanadaGenweb
Le Canada à l’ouest du Québec
Le fait français existe de longue date en dehors du Québec.
Ainsi, dès 1615, Samuel de Champlain et Étienne Brûlé
atteignent les Grands Lacs (Ontario). En 1621, Étienne Brûlé
atteint Sault Ste-Marie (Ontario) et en 1657-58, Desgroseillers et Radisson
explorent le lac Supérieur et le nord du Mississippi (Illinois).
En 1731, La Vérendrye explore plus à l’Ouest. Il atteint
les Rocheuses en 1738. Au début, on ne trouve que des postes de
traites. Il n’y a pratiquement pas de registres d’état civil et
on peut identifier les Français établis dans cette région
à l’aide de leurs contrats d’engagement (indiqué par «
Engagé ouest » dans le dictionnaire de Jetté), ainsi
que dans la correspondance du gouvernement de l’époque. Peu à
peu, on commence à trouver des registres d’état civil, mais
dans la partie canadienne de l’ouest, il semble que seuls quelques registres
soient disponibles (Ontario).
Immédiatement après la Conquête par les Britanniques
(1760), l’Ontario n’est presque pas habitée par les Français.
En fait, à l’est du Québec, on trouve surtout des centaines
de coureurs des bois, quelques-uns vivant avec des Amérindiennes.
En parallèle, les Anglais établis à la Baie d’Hudson,
construisaient leur propre réseau de traite des fourrures.
La colonisation réelle, soit l’établissement de familles
et de villes européennes, commence vers 1775-80, alors que les Loyalistes,
quittant les États-Unis en train de conquérir leur indépendance,
migrent vers la province de Québec, nom donné par le gouvernement
britannique tout de suite après la Conquête au territoire
s’étendant de la côte du Labrador jusqu’au Mississippi. Ils
se concentrent sur le sud puis l’ouest du Québec actuel (cantons
de l’Est ou Estrie, et cantons de l’Ouest), et au sud de l’Ontario. Avec
le temps, des francophones du Québec finiront par aller eux aussi
en Ontario, se concentrant dans l’est (près de la frontière
du Québec) et près du Niagara et de Windsor (en face de Détroit).
Entre-temps, les coureurs de bois plus à l’ouest ont marié
des Amérindiennes, souvent selon les coutumes indiennes, donc sans
trace dans les registres d’état civil. On trouve donc quelques centaines
de Métis francophones dans les provinces actuelles du Manitoba,
de Saskatchewan et d’Alberta. Vers la même époque, des Écossais
s’établissent aussi et les deux groupes sont à peu près
d’importance comparable. Il est d’ailleurs à souligner que beaucoup
de ces Écossais sont aussi devenus coureurs des bois. Ces francophones
sont en général venus du Québec, parfois dès
le 18e siècle. Au moins un groupe de migrants francophones venus
de l’Europe est connu, celui des Meurons (ou soldats du régiment
suisse de Meuron) que l’on retrouve donc au Manitoba. Par la suite, certains
auteurs parlent de la peur de voir le Manitoba devenir une province francophone.
Il y a en effet une migration massive d’anglophones à la fin du
19e siècle et les francophones passent alors de 50% à moins
de 10% de la population. L’enseignement du français est même
interdit. En ce qui concerne le sujet de cette page, la migration européenne
francophone semble faible. Il en est de même pour les autres provinces
de l’ouest.
Rappelons qu’à l’ouest du Québec nous trouvons:
-
l'Ontario, province canadienne la plus populeuse. Colonisée
d’abord à partir du Québec et de Détroit, puis par
les Loyalistes qui se sont d’abord répandus dans le sud, puis de
plus en plus vers le nord. Disponible dans Internet: un index du recensement
de 1871 et des pierres tombales. Disponible à Montréal: les
recensements de 1825 à 1901 (sur microfilm, peu d’index), l’état
civil de plusieurs paroisses francophones (sur microfilm ou imprimé,
surtout des mariages). 2,8% des habitants de cette province sont d’origine
française seulement et 3,1% parlent le français à
la maison.
-
le Manitoba, entré dans la confédération canadienne
en 1870 et ayant connu la rébellion des Métis de 1885 dirigée
par Louis Riel. La colonisation européenne débute vers 1800
mais les coureurs des bois sont présents auparavant. Le plus ancien
registre catholique conservé (St-Boniface) débute en 1825.
Disponible à Montréal: les recensements de 1831 à
1901 (sur microfilm, peu d’index), l’état civil de plusieurs paroisses
francophones. 3,0% des habitants de cette province sont d’origine française
seulement et 2,2% parlent le français à la maison.
-
la Saskatchewan, entrée dans la confédération
canadienne en 1905. Connue auparavant comme partie des Territoires du Nord-Ouest
(découpage différent). La colonisation européenne
débute vers 1860 mais les coureurs des bois sont présents
auparavant. Disponible à Montréal: les recensements de 1881
à 1901 (sur microfilm, peu d’index), l’état civil de quelques
paroisses francophones. 1,9% des habitants de cette province sont d’origine
française seulement et 0,65% parlent le français à
la maison.
-
l'Alberta, entrée dans la confédération canadienne
en 1905. Connue auparavant comme partie des Territoires du Nord-Ouest (découpage
différent). La colonisation européenne débute vers
1860 mais les coureurs des bois sont présents auparavant. Disponible
à Montréal: les recensements de 1881 à 1901 (sur microfilm,
peu d’index), l’état civil de la province (1870-1905) et de quelques
paroisses francophones. 1,8% des habitants de cette province sont d’origine
française seulement et 0,75% parlent le français à
la maison.
-
la Colombie britannique, entrée dans la confédération
canadienne en 1871, a été colonisée depuis le Pacifique
et séparément du reste du Canada actuel. La colonisation
européenne débute vers 1800 (?). Disponible à Montréal:
les recensements de 1881 à 1901 (sur microfilm, peu d’index), l’état
civil de quelques paroisses francophones. 1,3% des habitants de cette province
sont d’origine française seulement et 0,52% parlent le français
à la maison.
-
le reste du Canada actuel est formé du Yukon et des Territoires
du Nord-Ouest (TNO), dont une partie a été réorganisée
en 1999 pour former la province de Nunavut. Disponible à Montréal:
les recensements des TNO de 1881 à 1901 et du Yukon (1901) (sur
microfilm, pas d’index), l’état civil de Dawson City, Yukon. 2,2%
des habitants du Yukon et 1,4% des habitants du TNO sont d’origine française
seulement, alors que 1,9 et 1,0 parlent le français à la
maison respectivement. À noter qu’avant 1905, les TNO comprenaient
la partie nord des provinces de Saskatchewan et d’Alberta.
Autres ressources sur le Canada: voir le CanadaGenweb
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