L'ADN est de plus en plus utilisé par des adoptés à la recherche
de leurs parents biologiques. Ceci est un résumé des possibilités
et des principales stratégies pour retrouver de la parenté
biologique. En général, les adoptés ont aussi de l'aide pour
l'interprétation leurs résultats.
Il existe plusieurs sortes de tests ADN et leur disponibilité
dépend du laboratoire utilisé. Certains labos prétendent avoir une
panoplie complète mais en regardant de près ce qu'ils offrent, on
voit que c'est faux. Toutefois, ce n'est pas toujours crucial dans
la recherche de parenté.
Référence plus précise: ADNau.
C'est l'ADN qui est disponible dans l'ensemble des chromosomes et
qui est recombiné à chaque génération. Parce qu'il est recombiné,
on ne peut pas dire d'où il vient (du père ou de la mère, de quel
grand-parent, etc.). C'est pourquoi on dit qu'il n'est pas
directionnel. Cet ADN comprend les 22 chromosomes non-sexuels,
ainsi que le chromosome X. Le test est fait en échantillonnant des
points sur l'ensemble des 22 chromosomes puis en vérifiant les
segments partagés. En 2018, on ne distingue pas si l'ADN vient du
père ou de la mère. Comme on échantillonne 2 valeurs à la fois,
pour la comparaison, on regarde si une de ces valeurs est la même
qu'une des deux valeurs équivalentes (même position) sur l'ADN de
l'autre personne et s'il y a égalité, cette position est
considérée comme identique. On fait la même chose pour toutes les
données échantillonnées et pour tous les autres résultats de la
base de données utilisée, et on obtient alors trois résultats
principaux : le total partagé (Shared Centimorgans chez FTDNA), le
plus long segment partagé (Longest Block chez FTDNA) et la liste
des résultats les plus près des vôtres.
Dans un cas idéal, chez FTDNA, le parent ou l'enfant de la
personne testée aura 3383 à 3385 cM partagés et le bloc le plus
long sera de 267 cM (il s'agit du chromosome 1, qui est aussi le
chromosome le plus long). Les autres labos ont des valeurs
maximales qui peuvent varier mais qui seront similaires. Le cM ou
centiMorgan est l'unité de mesure mais il semble qu'on ne
s'entende pas pour lui donner une valeur unique. Certains sont
arrivés sur d'autres copies de leurs propres données. Un résultat
de 3384 cM indique donc:
Si la valeur est moindre, c'est qu'il ne s'agit pas d'un parent
et de son enfant. Par exemple, si votre père légal a autour de
2000 cM au lieu de 3384, c'est qu'il s'agit plutôt d'un oncle que
du père biologique. Et si c'est en bas de 100 cM, la parenté peut
être assez lointaine.
FTDNA (et les autres labos) proposent des niveaux de parenté
possibles. Il est important de savoir ceci : l'ADN n'est recombiné
à 50% qu'avec vos parents. Avec vos grands-parents, on trouve
plutôt 40 à 60% (d'après des résultats réels). En d'autres mots,
la valeur partagée avec votre grand-père ne sera pas la moitié de
3384 ! Les chiffres réels montrent qu'elle sera, en général, entre
1350 et 2030. Cela peut même être un peu plus haut ou un peu plus
bas.
Pour les autres générations, ces valeurs indiquent un certain
niveau de parenté qui est prédit et non calculé. On trouvera sur
le site https://dnapainter.com/tools/sharedcm
un tableau permettant de retrouver ce niveau de parenté. Mais en
général, les labos et sites d'étude vous donneront leur propre
prédiction.
Voyez l'aspect plus technique de ce test dans cette page ADNau.
Si vous faites votre test chez FTDNA, ce test s'appelle Family
Finder. Si vous participez à un projet et que vos données sont en
mode Limited ou Full, l'administrateur du projet pourra voir vos
données.
La plupart des autres labos proposent un seul test qui comprend
l'ADN autosomal et parfois les autres sortes d'ADN (Y et MT).
Les gros labos ont des tests autosomaux compatibles entre eux (de
type SNP). Il existe toutefois une autre façon de comparer l'ADN
de deux personnes. Les tests STR sont utilisés par la police pour
identifer un suspect. Des tests semblables peuvent aussi servir
pour comparer l'ADN de deux personnes. Toutefois, ces tests ne
sont pas compatibles avec les labos de type généalogique et donc
leurs données ne peuvent pas être transférées.
Ce test trouvera de la parenté. Il est peu probable (mais pas
impossible) qu'il trouve les parents biologiques. Il faut plutôt
s'attendre à trouver plusieurs personnes avec des relations
différentes puis par croisement et autres manipulations trouver
des ancêtres communs pour finalement identifier des ancêtres de
plus en plus près de vous. C'est ce que AncestryDNA appelle des
cercles. Les autres labos ne semblent pas fournir d'outil
équivalent.
Il existe aussi des laboratoires privés. Leur but est de comparer
l'ADN de 2 personnes sans que cela soit partagé (en effet, sur les
sites populaires, les données ADN sont aussi disponibles aux
autres clients qui ont de l'ADN partagé). Il est inutile de pêcher
dans un bocal ! Il faut utiliser les gros labos avec une base de
données et non ceux sans base ou privés.
Il y a 2 façons différentes de comparer l'ADN autosomal : les SNP
et les STR. La plupart des labos publics avec des tests pour la
généalogie font des tests SNP, soit un échantillonnage de valeurs
à certains endroits précis. Les points échantillonnés varient
selon le labo et on perd de la précision quand on transfert les
données d'un site à un autre. Mais dans l'ensemble, avec des sites
d'analyse, on peut augmenter le nombre de tests pour comparaison.
La méthode STR est incompatible. Il s'agit de regarder où se
trouvent certaines séquences dans chaque chromosome. Cette méthode
semble utilisée par certains labos privés. Leurs résultats ne
peuvent donc pas être utilisés dans les principaux sites de
comparaison.
Certains sites permettent de télécharger les données venant
d'autres labos et d'autres sites n'ont aucun labo mais peuvent
comparer les données d'autres sites. Cela permet d'augmenter vos
chances de trouver de la parenté.
Référence plus précise: ADN Y.
L'ADN Y est transmis par le père à ses fils. Il est peu modifié.
Ainsi, dans une famille, on a observé aucune différence sur plus
de 100 marqueurs avec 20 générations de distance (2 descendants de
fils différents du pionnier). Mais en général, on aura quelques
variations dont la quantité augmente avec la précision du test.
Pour un adopté masculin (ce chromosome ne se trouve que chez les
hommes), c'est une possibilité de trouver le nom de famille du
père biologique (à condition que le père biologique ou un ancêtre
masculin ne soit pas lui aussi adopté).
En mai 2018, on connaît environ 134 signatures de pionniers du
Québec ancien ou de l'Acadie (triangulations) et environ 175
candidats pour d'autres signatures. Si on évalue à 3000 le nombre
de pionniers venus au Québec ou en Acadie durant le régime
français, on voit qu'on a autour de 10% des signatures identifiées
ou soupçonnées. Ces chiffres sont ceux des pionniers et non des
descendants. Comme les grosses familles sont plus souvent testées
que les petites (il y a plus de personnes qui ont pris la décision
de faire un test ADN), vos chances d'avoir un ou plusieurs
patronymes possibles sont plus élevées que 10%. Il est possible
que 2 familles différentes aient la même signature. Cela arrive si
on fait un test moins précis.
Le nombre de tests faits en France étant beaucoup plus faible
alors que la population est beaucoup plus élevées, pour le moment,
la probabilité de trouver le nom de famille du père par ce test
est plutôt faible.
Les tests Y utilisent 2 méthodes : STR et SNP. STR consiste à
compter le nombre d'occurences de certains motifs dans l'ADN Y (qui
compte des millions de paires de base). SNP consiste à vérifier la
présence d'une mutation à un point précis. Bien que différentes,
il est possible de prédire les SNP à partir des STR mais avec
parfois une erreur.
FTDNA offre plusieurs tests STR. Il s'agit de tests avec 12, 25,
37, 67 et 111 marqueurs. 12 et 25 sont disponibles si on est dans
un projet. On suggère toutefois 37 ou plus si on fait une
recherche du père biologique. Certains petits labos offrent aussi
des tests STR avec des marqueurs différents, mais c'est moins
répandus.
Les tests SNP sont différents. On a (ou pas) telle mutation. La
comparaison se fait alors en regardant quelles sont les mutations
communes entre deux personnes. Les laboratoires 23andme,
AncestryDNA et Geno2 testent un petit nombre de mutations SNP. Ils
donnent une famille ayant vécu il y a des milliers d'années,
longtemps avant l'invention des noms de famille. Ce n'est pas
suffisant pour retrouver un père biologique. Si on transfère ses
données vers FTDNA, seul le test Geno2 permettra de voir le SNP
trouvé. Avec 23andme, il faut regarder dans ses résultats sur ce
site, alors qu'avec AncestryDNA, il faut utiliser un site
intermédiaire.
Référence plus précise: ADNmt.
L'ADNmt est transmis par la mère à ses enfants. Il est peu
modifié. L'ADNmt est toutefois beaucoup moins complexe que l'ADN Y
et dépasse à peine les 16 000 valeurs mesurées. Il est résumé par
un haplogroupe et les détails (les mutations) sont dans
l'haplotype.
L'haplogroupe a souvent la forme lettre-chiffre-lettre-chiffre.
Selon la précision du test, on aura seulement la lettre (avec
parfois un chiffre) ou le code complet. Certains groupes sont
toutefois complets avec seulement une lettre. Ainsi, certains
peuvent avoir l'haplogroupe H avec le test complet et d'autres H
avec un test partiel mais auront des correspondances avec d'autres
ayant H suivi de quelque chose.
La première lettre indique en général l'origine lointaine, avec
un suffixe dans la plupart des cas. On s'entend pour dire que A2,
B2, C1 et D1 et X2a sont amérindiens, mais on a aussi trouvé que
A10 et X2b sont européens. L est plutôt africain, mais c'est assez
lointain. Ainsi, les filles du roi Catherine Pillat et Françoise
Piéton ont les haplogroupe A10 et L1b1a.
Chez les adoptés, l'ADNmt sert surtout en fin de recherche à
valider la lignée maternelle. Comme les noms de famille changent à
chaque génération, ce test est moins utile.
Dans un premier temps, faire un test autosomal. Peu importe le
labo, le fonctionnement est toujours le même : on fournit un
échantillon de salive qu'on envoie à un laboratoire, puis celui-ci
extrait un échantillonnage d'environ 700 000 points et le labo
fait une comparaison avec les autres résultats disponibles. Le
labo donne alors comme résultats la liste des autres tests avec le
résultat le plus près du vôtre, ainsi que la distance en cM (ou
centiMorgan).
Par la suite, il faut étudier les correspondances (ou matchs) les
plus près, ceux qui ont le plus de cM partagé. Selon le site, on
peut voir la généalogie de ces personnes ou une façon de les
contacter.
Il faudra ensuite faire des recoupements pour trouver les
ancêtres communs puis se rapprocher de plus en plus des parents
biologiques.
Certains suggèrent d'aller d'abord vers le labo avec le plus de
résultats afin d'optimiser ses chances de trouver un cousin. En ce
moment, c'est AncestryDNA qui est dans cette position avec une
avance confortable sur les autres. Il y a toutefois certaines
mises en garde. AncestryDNA ne livre pas en France, donc de ce
côté, moins de tests pour comparer. Il ne fait pas de test ADNmt
compatible avec les autres labos et leur test ADN Y doit être
interprété avec un site intermédiaire. Il faut être abonné pour
avoir accès à tous les outils (période d'abonnement gratuit mais
sans doute non suffisant pour trouver des cousins assez proches).
Beaucoup de clients ont vu leur publicité sur les origines et
n'ont aucun arbre en ligne.
Il semble que myHeritage soit en 2e position (et peut-être au
premier rang pour la France vu que ce labo livre en France). Ici
aussi, test autosomal seulement.
23andme serait un 3e choix. Toutefois, il faut contacter les
cousins potentiels pour avoir leurs données généalogiques.
FTDNA (qui revend via iGenea en Europe) livre un bon test
autosomal. Il y a un accès aux arbres en ligne (autour de 10% des
clients) et aux courriels des correspondants trouvés, ainsi que la
possibilité de faire des tests ADN Y et ADNmt.
Les tests autosomaux trouvent les résultats les plus près de
vous. La distance est en fait la partie commune. On constate
qu'avec moins de 100 cM partagés, il est difficile de trouver
l'ancêtre commun quand on a déjà une généalogie biologique. Il y a
donc beaucoup de travail à faire pour isoler les ancêtres communs
entre les cousins trouvés.
Il existe aussi un effet fondateur. La population française du
Québec descend surtout d'environ 6000 hommes et 2000 femmes venus
sous le régime français. Il y a donc beaucoup d'ADN en commun, ce
qui a comme effet de rapprocher des gens qui ne sont pas aussi
apparentés que ce que les résultats indiquent. Par exemple, une
distance de 2-4 générations doit être lues comme 4-6 générations.
Le nombre de générations est celui est vers l'ancêtre commun. Si
on suggère 2-4, c'est que l'ancêtre commun serait entre 2 et 4
générations avant les deux personnes testées, soit à une distance
totale de 4 à 8 générations. Et avec l'effet fondateur, ce serait
même 8 à 16 générations et souvent l'impossibilité de trouver qui
est cet ancêtre commun car il y a trop de possibilités. S'il n'y a
pas d'effet fondateur, il y a tout de même une possibilité pour
que l'ancêtre commun soit plus éloigné que prévu.
Parfois, le cousin trouvé ne connaît pas les possibilités de
l'ADN. Certains paniqueront s'ils reçoivent un message disant
"Bonjour, je suis adopté et nous sommes cousins. Avez-vous des
données généalogiques à partager ?". Il faudra donc du tact quand
vous établirez un contact.