Le chromosome Y n'existe que chez l'homme et est transmis de père
en fils. Ce type de test ADN n'est donc disponible que chez les
hommes.
Le chromosome Y peut être analysé de deux façons différentes :
par STR ou par SNP.
Le test STR consiste à compter le nombre d'occurences d'un
certain motif dans une section du chromosome Y. Pour utiliser ces
résultats, il n'est pas nécessaire de savoir à quoi tel marqueur
STR correspond. FTDNA va rechercher parmi tous les autres
résultats Y lesquels sont les plus près du vôtre.
Le test SNP est très différent. Il s'agit de détecter si une
mutation précise a eu lieu ou non. Si vous l'avez, le résultat est
positif. Le test de base de FTDNA prédit le résultat SNP à partir
des marqueurs STR. Dans quelques cas, la prédiction est erronée.
Sinon, cela donne une mutation assez ancienne. Par exemple,
R-M269, le SNP le plus fréquent dans l'ouest de la France et au
Québec, serait apparu il y a environ 13000 ans.
Ces informations forment la signature ADN Y recherchée.
Une triangulation consiste à trouver 2 descendants en ligne
masculine du même homme (ACPR ou Ancêtre commun le plus rapproché,
en anglais MRCA pour Most Recent Common Ancestor)
ayant une signature ADN Y cohérente. Les signatures fusionnées sont
considérées comme étant celle de l'ancêtre en question. Le but du
test ADN Y est en partie d'identifier ces signatures et ancêtres.
Les signatures peuvent présenter une petite variation. Dans les
tableaux de résultats de FTDNA, on verra des résultats différents
pour chaque test. Dans le catalogue de
signatures triangulées, on trouvera plutôt un amalgame des
signatures des participants. Par exemple, si le 3e marqueur est 14
dans un résultat et 15 dans un autre, on affichera 14/15. En
comparant un grand nombre de résultats, on peut distinguer la
signature de l'ancêtre par rapport aux variations trouvées chez
certains descendants. Toutefois, pour le moment, le catalogue
montrera un amalgame sans mettre en valeur la signature initiale.
Idéalement, si le pionnier a au moins 2 fils ayant une
descendance masculine, la triangulation est faite à partir de ces
2 fils. S'il en a 3, l'idéal englobera les 3 fils. Cela donnera
une triangulation optimale. Si un seul fils a de la descendance ou
si tous les tests viennent de descendants de ce fils, alors nous
aurons une triangulation [-1]. De même, une [-2] concernera les
descendants d'un petit-fils du pionnier.
Il est préférable d'être le plus près du pionnier, mais cela
n'est pas toujours possible. Le nombre de descendants n'est pas
distribué uniformément et il est donc plus difficile de trouver
des candidats pour certaines branches. De plus, certains pionniers
ont un seul fils ou un seul petit-fils avec de la descendance
masculine. Dans certains cas, heureusement rares mais possibles,
il n'est pas possible, pour le moment, d'identifier la signature
de l'ancêtre parce qu'il y a 2 triangulations touchant ses fils ou
petits-fils. En d'autres mots, la femme d'un des fils ou
petits-fils a eu un enfant hors-mariage. À la longue, la fautive
sera identifiée, mais pour le moment, une telle situation est déjà
arrivée et pourrait survenir de nouveau. En optimisant une
triangulation (en testant le descendant masculin d'un autre fils
du pionnier), on identifie sa signature de référence de façon plus
solide.
Si le pionnier est venu avec un frère et que des descendants des
deux frères ont été testés, ce sera une triangulation [+1] (ou
meilleure qu'optimale). Dans le cas rare où il s'agit de cousins,
ce sera [+2].
Le calcul pour afficher [-1] ou [-2] est automatisé, mais pas
pour les [+1] ou [+2]. Il se peut que certaines valeurs soient
modifiées pour donner une meilleure idée de la qualité de la
triangulation.
FTDNA propose 2 séries de tests ADN Y. Il faut d'abord faire une
analyse d'un certain nombre de marqueurs STR, soit de 12, 25, 37,
67 ou 111 marqueurs. À partir de ces résultats, le tableau
comparatif des résultats affichera les valeurs trouvées et
proposera un SNP. Voir par exemple les résultats du projet French
Heritage.

Ces résultats sont groupés d'après le pionnier. Sur chaque
ligne de résultats, on trouve le numéro du test, le nom de
l'ancêtre le plus loin proposé par la personne testée, le pays
d'origine, un SNP, puis les marqueurs STR. Le SNP est en rouge
s'il est prédit à partir des marqueurs STR, et en vert si une
analyse de marqueurs SNP a été faite.
La deuxième série de tests peut se faire de plusieurs façons.
Un SNP précis, un groupe de SNP (SNP Packs) ou encore
la plupart des mutations Y connues (Big Y).

À partir de votre profil, la section Y-DNA montre les sections
suivantes : Matches, Ancestral Origins, Haplotree & SNPs,
Matches Maps, Migration Maps, SNP Map, Haplogroup Origins, Y-STR
Results, Print Certificates, Download SNP, Advanced Matches
et Learn More.
La section Matches montre vos correspondances, soit les
résultats les plus près des vôtres.

Ces résultats sont calculés par série, selon les tests commandés,
en commençant par le plus complet. Si vous avez commandé un Y-111,
vous verrez d'abord les résultats de ce test. Le haut de l'écran
permet de filtrer ces résultats. On peut d'abord choisir où sont
les résultats à comparer, soit à partir de toutes les données de
FTDNA (The Entire Database), ou d'un projet précis. Il faut
faire partie de ce projet pour voir les résultats.
Le filtre suivant choisi le nombre de marqueurs. Avec 37, par
exemple, la comparaison se fait avec seulement les résultats à 37,
67 et 111 marqueurs des autres hommes testés. La distance
génétique (DG, GD ou Genetic Distance) est le
nombre de différences entre vos résultats et ceux du
correspondant. Il ne s'agit pas du nombre de générations.
L'ancêtre commun pourrait même se trouver à 5000 ans de distance
et des centaines de générations. Cette distance forme la première
colonne ainsi que le 3e filtre à votre disposition. Les distances
permises dépendent du nombre de marqueurs.
D'autres filtres permettent de choisir le nombre de résultats par
page, de filtrer selon le nom de la personne testée (qui n'est pas
toujours celui du pionnier), ainsi que la période couverte par les
tests (en anglais, donc mois/jour/année).
En partant de la gauche, les colonnes de résultats contiennent :
Ces résultats sont groupés d'après le pionnier, une année de
mariage réelle ou approximative, le nom du conjoint, ainsi qu'un
lien vers la fiche GFAN et vers la triangulation le cas échéant.
Chaque participant choisit d'afficher ou non ses résultats dans
l'écran public. Il s'en suit que le nombre de données disponibles
au visiteur n'est qu'une partie des données disponibles à
l'interne.
Un code de couleurs est utilisé.
En choisissant d'afficher 500 résultats par page, en juin 2019
sur French Heritage:
Ce projet est géré de façon indépendante mais les triangulations
sont présentées dans le catalogue collectif de signatures ADN.
Ces résultats sont groupés d'après le pionnier, le nom de ses
parents, et l'année approximative de sa naissance et son origine.
Un autre code de couleurs est utilisé. Voir ce lien pour la
description des couleurs et des abréviations. https://drive.google.com/file/d/1HojzmDP-EJ-_JXUPmIyiqyj0SNgCbrX8/view
Jusqu'au milieu de 2018, le site World Families Network
regroupait un grand nombre de projets familiaux. Puis, en mai
2018, une nouvelle directive européenne est entrée en vigueur au
sujet de la confidentialité des données sur Internet. Cela
signifie en particulier qu'on ne peut pas associer qui a fait un
test ADN avec ses résultats sans sa permission. Notez que le
catalogue de signature cache les couples mariés depuis moins de
100 ans, ce qui assure une protection optimale des informations
personnelles. Le site WFN ayant un grand nombre d'informations
personnelles a réglé la situation en retirant une partie de ses
informations. Il en a résultés l'abandon d'un grand nombre de
projets qui se sont retrouvés sans administrateur. Denis
Beauregard a accepté de gérer ces projets orphelins de façon assez
uniforme, soit en créant des groupes de résultats en fonction des
données généalogiques. Les noms des groupes sont similaires à ceux
du projet French Heritage. Les couleurs sont aussi similaires. Les
observateurs sont devenus ceux ayant un nom de famille qui n'est
pas couvert directement par le projet. L'auteur a aussi un accès
interne à d'autres projets, mais n'en fait pas le regroupement.
On trouve d'un côté des signatures validées parce que les
descendants en ligne masculine de deux fils ont été testées. Il
s'agit de triangulations. D'un autre côté, certaines lignées ont
été validées, mais non confirmées par une seconde lignée et
d'autres reposent sur le travail non-vérifié d'une personne dont
l'ADN Y a été analysé. Ce sont des candidats.
La page suivante contient des signatures triangulées provenant
surtout des projets French Heritage et Québec ADN Y : https://www.francogene.com/triangulation/y.php
Les pages de chaque triangulation montrent les lignées de
référence.
Cette page montre dans une première partie les signatures
triangulées, et dans la seconde, des candidats : https://www.francogene.com/gfan/gfan/998/adny.htm
Il s'agit ici d'une liste des signatures avec le nom des conjoints
et le nombre estimé de descendants (y compris par les femmes).
Cette liste est mise à jour moins souvent que la précédente.
Le test d'entrée chez FTDNA est toujours basé sur les STR (12,
25, 37, 67 ou 111). Il peut être suivi d'un test SNP.
Un test STR consiste à compter sur une partie du chromosome Y le
nombre d'occurences de tel motif. Vous n'avez pas besoin de savoir
de quel motif il s'agit. Ce test est statistique. Il fournit des
chiffres qui peuvent être utilisés pour retrouver des résultats
similaires avec une bonne probabilité que l'ancêtre trouvé ne soit
pas trop éloigné. Cela ne signifie pas que les résultats
semblables soient ceux de votre proche parenté, mais que ceux de
votre proche parenté par les hommes soit à votre portée. On
considère par exemple qu'à 111 marqueurs, quelqu'un avec une
distance de 2 a probablement un ancêtre masculin commun assez
proche. Avec 37 et un même nom de famille, la probabilité est
forte pour qu'il s'agisse d'un même pionnier, ou dans de rares
cas, d'un pionnier du même nom et venu de la même région, la
France commençant à adopter des noms de famille vers l'an 1200.
FTDNA fournit en plus une base commune pour comparer ces
résultats, ce qui en fait le meilleur outil pour une étude
génétique familiale selon les lignées paternelles.
Le test SNP est un complément. Le test STR prédit la catégorie
principale ou haplogroupe. Par exemple, la plupart des Français de
l'ouest de la France sont R-M269, soit le groupe R ayant la
mutation ou le SNP M269. Quand M269 couvre 80% de la population,
il n'est pas très précis. Cette mutation est suivie d'autres
mutations qui permettent de mieux cibler une famille. Selon le
labo ou le test, la même famille pourra avoir plusieurs SNP, qui
sont en fait des étapes au fil des siècles. Voici comme exemple
mon propre, celui des Jarret dit Beauregard.
Un haplogroupe est une famille de premier niveau. Le format
typique est une lettre suivie d'une mutation, comme E-M35,
I-M253 ou R-M269. La lettre est une
catégorie, une sorte de grande famille. La mutation est, selon le
cas, la mutation typique pour cette lettre, ou une mutation plus
récente.
Une notation alternative utilise plutôt les mutations principales
qui ont mené à l'haplogroupe. Cette notation est de moins en moins
utilisée parce qu'elle est instable. FTDNA l'a remplacée en 2014.
Quand on découvre que 2 mutations sont arrivées dans un ordre
différent, cette notation doit être changée.
La notation utilisée dans le catalogue est un peu différente.
Voici un exemple.
|
Haplogroup/e (résumé/summary): R1b-Y41710 Haplogroup/e (étendu/extended): R-M269→L151→P312→DF27→ZZ12_1→A431→Y7363→Y41710 Haplotype : DYS393=14; DYS390=24; DYS19=14; DYS391=11; DYS385=11-15; DYS426=12; DYS388=12; DYS439=13; DYS389i=13; DYS392=13; DYS389ii=30; |
L'haplogroupe en résumé comprend le code utilisé sur certains
sites comme référence. Comme il y a eu beaucoup de travaux depuis
quelques années et que certaines populations ont été favorisées,
certains haplogroupes se sont révélés assez gros pour qu'on les
distingue. Ainsi, R comprend les catégories principales R1a
concentré en Europe de l'Est et R1b en Europe de l'Ouest. I1
rayonne depuis le sud de la Scandinavie et I2 depuis
l'ex-Yougoslavie. En écrivant R1b-Y41710, on voit que les
informations de base sont celles de R1b et pas seulement R, qui
est beaucoup plus étendu.
L'haplogroupe étendu montre souvent les principales étapes
suivies par la lignée au fil des siècles, en reprenant surtout les
étapes affichées par des labos faisant un test moins poussé que
les STR.
L'haplotype comprend les valeurs plus détaillées données par les
STR.
L'haplogroupe ne permet pas de prédire de quelle région de France
est venu un pionnier, à moins qu'il soit assez récent et qu'une
autre famille porte le même haplogroupe. Par exemple, les I-M253
viennent surtout de Normandie, mais certains sont du Périgord dans
le Sud de la France, de l'Anjou dans l'Ouest ou de la Lorraine
dans l'Est.
Le test Big Y évalue plus de 500 000 SNP dans le chromosome Y.
Voici un aperçu de mon propre test (Big Y 500).
510 419 valeurs ont été évaluées. De ce nombre, 328491 sont
nouvelles et 181928 ont déjà un nom ou une étiquette. 84148 n'ont
pu être lues. Parmi les 426271 valeurs lues, 277 ont une valeur
différente de la valeur de référence, celle qui devrait apparaître
dans la majorité des résultats.
La section Block Tree affiche les mutations nommées par bloc,
afin de voir où se situe ma famille parmi les autres personnes
testées. On part de la mutation BY36464 et à 40 SNP ou mutations
maximales. Un des blocs mène à 2 familles ayant 18 SNP en commun.
Un autre bloc commence avec 6 SNP partagés par 9 familles, puis 8
autres SNP et 4 familles. À ce moment, le diagramme se divise en
2, avec d'un côté les 2 Arméniens avec qui je partage la mutation
Y41710 et deux autres, et les Blondell d'Irlande et Pagé de France
qui n'ont pas ces mutations. Suivent 9 autres mutations chez les
Arméniens et 7 dans mon cas. FTDNA ne fait pas d'évaluation des
années qui correspondent alors que yfull propose que la mutation
Y41710 soit apparue il y a 1550 ans (entre 2100 et 650 ans certain
à 95%) et que la mutation qui me sépare des Arméniens date de 1100
ans. En moyenne, notre ancêtre commun (nous sommes issus de 2 fils
de cet ancêtre) aurait donc vécu entre les années 469 et 1019. Vu
qu'il y a des descendants européens peu avant, on doit déduire,
d'après les connaissances de l'histoire, que l'ancêtre de ces
Arméniens est un Français ayant participé aux Croisades et qu'il a
laissé une descendance en Terre Sainte. Ces années sont théoriques
puisque les mutations apparaissent au hasard.
En faisant une analyse similaire entre les deux branches des Gagnon, on trouve 6 SNP entre l'ancêtre commun aux deux familles Gagnon. Avec une moyenne de 144 ans par mutation, l'ancêtre commun aurait vécu il y a 864 ans. Mais il y a aussi 2 tests faits pour un des pionniers Gagnon et 3 SNP séparent ces descendants. Cela situerait donc l'ancêtre commun un peu plus tard, vers l'an 1300 ou 1400. Il est malheureusement impossible d'être plus précis.
On voit toutefois l'intérêt de ce type de test. En comparant par
exemple un De Billy ou un Sévigny avec un descendant français de
ces familles, on pourrait évaluer la valeur des hypothèses émises
sur ces familles au sujet des ancêtres proposés en France en
l'absence de document sur leur origine. En particulier, on saurait
s'il s'agit de la même famille.
À mesure que de nouveaux tests Big Y seront effectués, des
relations anciennes pourront être établies entre les familles
analysées.