Risques liés aux tests ADN

Certains mènent un combat contre l'ADN et utilisent des arguments sans fondement. Voici quelques risques réels reliés à ces fameux tests.

L'ADN médical et les assurances

Les informations génétiques ne font généralement pas partie des tests ADN commerciaux. Ainsi les tests autosomaux comme le Family Finder de FTDNA ou les tests de base de 23andme ou AncestryDNA n'ont pas de composante médicale. Il n'y a donc aucun possibilité que ces tests en soi donnent un indice sur la probabilité que certains de vos gènes soient défectueux.

Le test complet sur l'ADNmt (Full MT par exemple) peut aussi comporter une composante médicale. Dans ce cas-ci, il suffit que l'assureur fasse votre généalogie matrilinéaire et aussi que la signature soit disponible. Dans le cas du catalogue de signatures ADNmt et de l'affichage public de résultats, la partie centrale (Coding Region) est privée, mais l'haplogroupe complet est affiché.

Par contre, certains tests couvrent les gènes qui pourraient affecter la santé. Par exemple, le test médical de 23andme (qui coûte le double du test généalogique) a une composante médicale. Il en est de même pour le génome complet de certains labos comme Dante, WGS ou FGC. Notez que le génome complet est livré sur un disque dur de 500 Go.

Quant aux assurances, il suffit de prendre une goutte de votre sang et votre assureur aura tout l'ADN dont il a besoin pour trouver vos gènes défectueux. Que vous fassiez ou pas un test ADN, même médical, cela ne changera rien.

Il reste, bien sûr, la possibilité qu'un cousin par ADN ait fait un test médical. La difficulté d'identifier la majorité des cousins ou encore d'en trouver d'assez proches pour avoir une certitude que tous ont le même gène devrait freiner l'ardeur des assureurs, surtout s'ils ont déjà votre ADN avec une goutte de sang !

La confidentialité

Les acteurs sont de plus en plus nombreux parmi les laboratoires, les revendeurs ou les sites d'analyse. Il est donc assez difficile d'analyser les risques et il faut aussi le faire à chaque fois que l'on partage des données.

Certains labos indiquent clairement ce qu'ils feront ou pas. Il faut donc lire les promesses du labo ou du site d'analyse. En général, on indique ou pas où est le labo (donc, à quelles lois il est assujetti), si les données confidentielles (nom, courriel, généalogie ou adresse du testé) peuvent être partagées. Par exemple, si un site vous permet de trouver des cousins (FTDNA, 23andme, AncestryDNA, Gedmatch, etc.), il y aura le plus souvent un indice comme la quantité d'ADN en commun (exprimée en cM ou centiMorgans) ou le nombre de différences entre les signatures ADN Y ou ADNmt, mais pas les détails. Les projets de FTDNA permettent à l'administrateur de voir vos données ADN Y complètes, et ADNmt partielles ou complètes (vous pouvez cacher la partie Coding Region), mais pas d'avoir les données brutes d'un test Family Finder.

Si l'adresse postale du labo est secrète, on peut aussi avoir des doutes.

Usage par la police

Dans le cadre d'une enquête policière, un enquêteur peut utiliser l'ADN d'une scène de crime afin de découvrir des suspects potentiels ou d'identifier la victime. Ceci est possible avec tous les labos sauf s'ils font eux-mêmes la cueillette d'ADN (donc, nulle part). Le policier n'a qu'à signer un formulaire pour faire croire que la personne est consentante et le labo n'y verra que du feu. Dans le rare cas où un criminel aurait passé un test ADN (il y a des gens comme ça !), il faudrait un mandat pour aller chercher les données confidentielles, tout comme cela est possible si par exemple votre ordinateur sert à des fins illégales.

Un seul laboratoire, de portée locale, semble faire une cueillette d'ADN devant témoin, mais des reportages montrent que ce laboratoire livre les mêmes résultats à tout le monde.

Que le labo permette ou pas l'usage par les forces de l'ordre, cela n'intervient qu'au moment de la poursuite ou lors de la demande d'un mandat. Dans une telle situation, on peut de toutes façons recueillir de l'ADN du suspect en examinant ses ordures.

Il est à remarquer que la police utilise une méthode d'analyse de l'ADN qui n'est pas compatible avec celle des grands labos. Ceux-ci échantillonnent autour de 700 000 SNP ou positions dans l'ADN pour les comparer avec les autres résultats. La police utilise plutôt des STR, soit le nombre d'occurences de certains motifs dans certains chromosomes. Il n'est donc pas possible pour eux d'obtenir les mêmes fonctions que les sites utilisant l'ADN pour la généalogie. En fait, la police a 2 solutions : utiliser les sites de généalogie (ce qu'une partie de la clientèle ne souhaite pas) ou reconstruire sa propre base en utilisant les méthodes généalogiques. La technologie utilisée par le FBI américain date de 1990, alors que l'espace disque était coûteux. Aujourd'hui, il serait sans doute possible de refaire toute l'analyse de l'ADN dont ils ont des échantillons pour utiliser un format plus près de celui des généalogistes si ceux-ci montrent une résistance trop forte à l'usage par la police de leurs données.

Découvertes inattendues

Le résultat le plus décevant est celui des origines. Un document est en préparation pour expliquer pourquoi. En bref, l'ADN n'est pas distribué de façon égale chez tous les descendants. Il n'est pas non plus extrait au complet (non seulement une petite partie de l'ADN est utilisée, mais en plus, l'échantillonnage contient des trous. Par ailleurs, les populations de référence sont revues de temps en temps, certaines sont moins bien couvertes, et on ne tient pas compte du mouvement des populations au travers des siècles. Il en résulte que les résultats sur les origines peuvent varier selon la date de l'affichage, selon l'enfant testé (même avec des jumeaux identiques car les trous dans l'échantillonnage sont à des endroits différents) ou si on compare un enfant et un parent.

Au-delà de l'exactitude, il arrive qu'on ne trouve pas l'origine prédite par les histoires familiales. Par exemple, telle grand-mère amérindienne n'a aucun ADN autochtone.

Certains peuvent découvrir qu'ils ont été adoptés, que leur frère est en réalité un demi-frère ou même pas un frère du tout, que leur tante est leur mère, que leur père biologique est le facteur, etc. On peut aussi découvrir un frère, demi-frère, cousin, etc. inconnu, et parfois, un message de leur part dans le but de trouver un parent biologique.

Parfois, il y a une brisure génétique. En Nouvelle-France, le taux d'ÉNP (événements non parentaux, tel qu'une adoption ou une infidélité) est autour de 0,5% par filiation. Ce taux est évalué d'après le nombre de lignées patrilinéaires non cohérentes dans les différents tests ADN Y concernant la population de Nouvelle-France. Il ne comprend pas les enfants de parents inconnus (le taux serait entre 1 et 2%) ni celui des adoptés récents qui savent qu'ils sont adoptés et qui ne sont pas comptabilisés.

Le taux d'adoptions secrètes en Nouvelle-France semble assez bas puisque presque toutes les lignées matrilinéaires (pour extraire l'infidélité comme source d'ÉNP) sont cohérentes entre elles. Les rares exceptions pourraient venir d'adoptions récentes et de personnes testées n'indiquant pas leur adoption.

Évidemment, si les parents sur papier ne sont pas ceux de la génétique, les origines ne sont plus les mêmes.


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